1 jour, 1 association | Le club de « LYON GR »

1 jour, 1 association | Le club de « LYON GR »

Découvrez quotidiennement une association présentée par un de ses dirigeants.

En ce dimanche, c’est Marie-Sophie Plaziat, Présidente depuis juillet 2008, qui répond aux questions de la rédaction :


  • Quelle est son activité et effectif actuel ?

» Lyon GR est un club sportif (affilié à la Fédération Française de Gymnastique), d’enseignement et de pratique, loisir et compétition, de Gymnastique Rythmique, de Gymnastique Acrobatique, de Baby Gym et d’Access Gym (initiation aux bases de la gymnastique), dans le 9° arrondissement de Lyon.

L’association existe depuis juillet 1988. Le club dispose de 23 heures de créneaux dans 3 gymnases et comptait 321 licenciés la saison dernière dont 110 gymnastes en compétition parmi lesquelles une vingtaine de qualifications en Championnat de France chaque année et une Vice-championne de France GR en 2020

Elle emploie 4 salariées (pour 3.5 ETP) diplômées d’Etat et compte 6 encadrants techniques bénévoles, 4 aides monitrices bénévoles (en formation vers les diplômes fédéraux), 1 intervenante spécialisée extérieure, un CA de 14 membres dont 6 membres du bureau, et une vingtaine de bénévoles occasionnels actifs « .


  • Comment s’était passé le 1° confinement et aviez vous mis du personnel au chômage ?

» Le premier confinement a stoppé brutalement la saison des compétitions et tous les cours loisirs des enfants. L’équipement municipal tombant sous le coup d’une fermeture administrative en raison de l’interdiction de pratique, toutes les salariées ont dû être mises en chômage partiel total de mi-mars à mi-juin.

Le club a toutefois maintenu le lien le plus possible à travers des communications par mail, sur le site internet, la page Facebook et la publication de vidéos de la Fédération pour de petites activités en famille à la maison et des séances bénévoles en direct et en vidéo de travail corporel spécifique ou de chorégraphies à travers des défis rigolos et amicaux.

Fin juin avec la réouverture des équipements et l’élaboration d’un protocole sanitaire extrêmement stricte les compétitives ont pu reprendre l’entraînement dans un premier temps, puis les 2 derniers mercredis avant les vacances d’été nous avons accueilli sur inscription et par petits groupes de 10, en roulement, les enfants des cours loisirs pour des activités ludiques et récréatives afin de se
voir une dernière fois.

Afin de compenser les cours non pris (les demandes de remboursement ont été très peu nombreuses et traitées au cas par cas), 2 stages d’animation (initiation et découverte) ont été proposés gratuitement aux adhérents en juillet et août, sans le pique-nique habituel et sur des horaires restreints, dans le respect des mesures barrières «.

  • Et la reprise des activités à la rentrée de septembre ?

» Dès mi-août les compétitives (dont la première compétition est en octobre en GR) ont pu reprendre l’entraînement mais nous avons enregistré le départ d’une trentaine d’entre elles dont la motivation et les centres d’intérêt avaient changé le temps du confinement et de l’éloignement d’une pratique régulière.

En septembre tout reprenait plutôt bien malgré nos craintes avec de nombreuses demandes et inscriptions, même si malgré tout elles étaient moins importantes que l’année précédente à la même période. La difficulté a surtout résidée en l’application du protocole sanitaire parfois difficile à faire respecter par les parents et les plus jeunes et qui nous a obligé à une logistique très contraignante et une réorganisation des groupes et des temps de cours un peu compliquée !

Malgré tout, tout avait l’air de reprendre à peu près son cours et les espoirs étaient grands alors de ne pas avoir à revivre une saison blanche en termes de compétitions, de galas, donc de billetterie, et de stages payants (donc de pertes de recettes).

Puis très vite sont arrivées les limitations pour les majeurs (sachant que nous avons la chance de n’en compter que 3 dans nos effectifs mais que celles-ci malheureusement étaient d’office exclues de la compétition départementale prévue le 7 novembre à Vénissieux, l’une d’entre-elles à quelques jours près seulement vu qu’elle a eu 18 ans fin octobre !), puis le couvre-feu (nos cours ont lieu en fin de journée), et enfin le confinement avec la limitation aux athlètes de haut niveau (que nous n’avons pas), professionnels (qui n’existent pas en gymnastique) car nos éducatrices sportives ne sont apparemment pas considérées comme des professionnelles du sport, en formation STAPS (nous en avons une) ou en péri-scolaire, la commune ne faisant pas appel à ses clubs de proximité pour assurer ce temps… « .


  • Avez-vous connu depuis une baisse de vos effectifs

» Oui, nous enregistrons actuellement une perte de 27 % d’adhésions, dont 30 % de compétitives, les 70 % restant de pertes portent sur les plus jeunes et les loisirs « .

  • Avez- vous été contraints d’annuler des évènements ou compétitions ?

» Oui, nous avons dû annuler la compétition que nous devions organiser fin mars, notre gala de juin, le stage animation des vacances d’avril, le Challenge Club d’avril et la rencontre USEP de mai. Pour cette 2° vague nous ne savons pas encore si nous pourrons maintenir notre gala de début janvier, la compétition que nous devions organiser fin février et le stage d’animation des vacances d’hiver…

Ces pertes ont pu être en partie compensées jusqu’en juillet par les dépenses corrélées que nous n’avons pas eues : déplacements et engagements en compétitions notamment « .


  • Comment se déroule ce 2° confinement ?

» L’expérience du premier est très utile, si les salariées sont en chômage partiel il n’est pas total cette fois, elles assurent en visio les entraînements des compétitives 2 fois par semaine (au lieu de 3 ou 4 en temps normal), sur 1 h 30 au lieu de 3 h à chaque fois et nous envoyons régulièrement aux parents des loisirs et des tous petits (les cours visio avec ces publics ne sont pas pertinents) des petites fiches d’idées d’activités à la maison et des liens vers les tutos de la Fédération.

Pour l’instant cela se passe plutôt bien mais nous savons d’expérience que l’attention ne pourra être maintenue sous cette forme très longtemps, ni la motivation… Nous informons par ailleurs régulièrement nos adhérents de la situation et des nouvelles ou annonces diffusées par notre fédération ou le ministère des sports « .

  • Conséquences financières ou autres ?

» Lors du premier confinement, comme pour celui-ci, nous bénéficions de l’aide du chômage partiel et du Fonds de solidarité de l’Etat, qui avait été complété en mars, avril et mai par la Métropole de Lyon.

Cette aide nous permet de faire face à peu près sereinement pour l’exercice en cours, surtout pour assurer le maintien de l’emploi. Mais elles ne compenseront pas la totalité des pertes de recettes, bien sûr galas, billetterie de compétitions, stages etc… qui représentent environ 12 % de notre budget de fonctionnement, mais surtout celles de la perte de cotisations en cette rentrée 2020/2021 qui
représente elle près de 25 % de notre budget.

A la différence des suites du premier confinement, nous enregistrons, à peine celui-ci commencé, déjà de bien plus nombreuses demandes de remboursement ou d’annulation d’inscriptions et cela est inquiétant car autant en mars 2020 la saison était déjà bien entamée et l’on pouvait justifier de ne pas rembourser mais de compenser ou proposer des remises sur la rentrée suivante, autant cette fois il sera bien plus difficile de refuser de rembourser à minima les cours non assurés.

Notre inquiétude actuellement concerne surtout la rentrée 2021/2022, soit septembre de l’année prochaine où cette baisse d’inscriptions, malgré les aides, pourrait ne plus nous permettre de maintenir tous les emplois. A cet égard les annonces des mesures envisagées par le gouvernement suite à la réunion mardi 17 novembre entre le Président de la République et le secteur sportif peuvent nous laisser espérer un peu de limiter les dégâts, en espérant que ce ne soit pas trop tard pour beaucoup de petits clubs amateurs qui ne dépendent que du bénévolat et qui sans salarié ne bénéficient pas de toutes les aides.

Trop longtemps l’intérêt et l’inquiétude s’est porté sur la billetterie des sports pro, mais le sport amateur ce sont des milliers d’éducateurs sportifs qui risquent le chômage, de clubs qui risquent de fermer leur porte et d’interrompre brutalement tout leur travail au quotidien, éducatif, pédagogique, de lien social et de pratique d’une activité physique indispensable à la santé des enfants, ce sont aussi des centaines de compétitions tous les week-ends partout en France dans toutes les disciplines (championnats départementaux, interdépartementaux, régionaux, interrégionaux, championnats fédéraux, championnats de France…), qui font vivre les clubs par un peu de billetterie (certes on est loin des chiffres impressionnants générés par les compétitions nationales ou internationales des sports professionnels) mais aussi les localités où elles ont lieu par les nuitées dans les hôtels, la consommation dans les restaurants, les cafés, les boutiques (fermés eux aussi).

Cette économie du sport amateur est bien réelle et pèse économiquement. Elle avait jusqu’à hier peut-être été un peu oubliée… « .


  • Et pour conclure ?

» Il ne s’agit pas ici d’opposer sport pro et sport amateur, l’un et l’autre se nourrisse et vive l’un de l’autre, ni sport et culture, ils sont complémentaires. Mais il est vrai que nous ne comprenons pas bien dans nos petits clubs certaines disparités. Les joueurs professionnels ont-ils jamais, une seule fois, proposé de créer un fonds de soutien au sport amateur, d’où ils sont tous issus, en versant une petite partie de leur salaire mensuel par exemple ? Pourquoi 2 milliards à la culture et 400 millions au sport ? De la même manière que les petits commerçants ne comprennent pas pourquoi on peut être à 2, masqués, et loin de l’autre, dans une boucherie, on ne pourrait l’être dans une librairie ?

Pourquoi les matchs pro pourraient avoir lieu à huis clos et pas nos compétitions ? Pourquoi 25 enfants pourraient être en cours dans 20m 2 toute la journée et pas à 4 m les uns des autres dans 1.000 m2 de gymnase pour un peu de pratique sportive ? Pourquoi le périscolaire et pas l’extrascolaire ? Bien sûr dans le respect de protocoles sanitaires très stricts que nous appliquons déjà. C’est tout l’investissement bénévole et professionnel de nos clubs sur nos territoires depuis des décennies qui paraît nié depuis mars. Notre club devrait s’en sortir sans trop de mal, le travail acharné et de tous les instants, de structuration, de professionnalisation (incité par l’Etat lui-même depuis bientôt 15 ans), de formation et de consolidation devrait nous aider, mais ce ne sera pas le cas de tous.

Et que feront les collectivités quand les associations, quelles qu’elles soient, auront disparues de certains secteurs ?

Le monde associatif est indispensable à la vie de la société, à la vie de la communauté, il faut le préserver. Ou le réinventer ! « .


 

A retrouver sur : http://www.lyongr.fr


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