Christophe Coulomb livre ses impressions après le « Bikingman Portugal »

Christophe Coulomb livre ses impressions après le « Bikingman Portugal »

Nouvelle aventure déroulée début mai, pour le spécialiste villeurbannais de l'ultra-cyclisme qui enchaine les épreuves de longue distance !

Tout d’abord comment avez-vous récupéré des pavés de l’Enfer du Nord, suite à votre participation du 16 avril dernier ?

 » J’ai récupéré et repris l’entrainement assez rapidement après le Paris Roubaix Challenge. Le format de course, relativement court, n’a pas engendré de fatigue particulière » .


Pouvez-vous présenter cette course ?

 » Le Bikingman Portugal est une épreuve de 1.000 km avec 12.000 m de dénivelé positif. Ce qui en fait un bikingman relativement accessible.

Bien qu’il faille tenir compte de la topographie particulière de la région sud, constituée d’une succession de bosses qui pullulent sur de longues lignes droites. Une vraie « taule ondulée » qui donne le sentiment d’être toujours dans l’effort, sans relâche. À cela s’ajoute le vent, qui représente une vraie difficulté supplémentaire » .

Pourquoi cette course, c’était votre première participation, quelle différence avec le Bikingman Euskladi ?

 » J’ai choisi cette course pour sa position dans le calendrier, par rapport à mon objectif principal de cette année, la Race Across France (2.500 km), qui a lieu à partir du 18 juin. Ceci pour me permettre de me remettre dans le contexte d’une course d’ultra distance et d’en profiter pour tester, mon alimentation, mon matériel et ma stratégie de course.

En outre, le Portugal est une découverte pour moi et bénéficie d’une très bonne réputation par rapport à la beauté de ses paysages.

Cette course est tout à fait différente de celle en Euskadi. Son profil étant beaucoup plus roulant. Le parcours du Portugal est relativement « plat », sans ascensions de cols et donc sans élévation importante en altitude. Ce parcours est donc plutôt à contre-emploi pour moi qui me démarque plus facilement lors de longues ascensions » .

Comment s’est-elle passée et quelles étaient vos ambitions ?

 » Mes ambitions sur cette course étaient de plusieurs natures. Ne pas être tributaire d’un arrêt programmé dans un logement, qui a tendance à focaliser l’esprit et qui ne permet pas de s’écouter physiquement puisqu’il s’agit d’un arrêt dont le cadre horaire est imposé et non choisi.

Je souhaitais également être relativement autonome en alimentation ou en tout du moins pouvoir être en capacité de gérer les moments de « creux » sur le parcours, pour ne pas tomber en panne sèche.

Enfin, j’ai investi dans un montage de roue avant dynamo afin de ne pas être dépendant de l’utilisation de powerbanck pour alimenter mes éclairages avant comme arrière.

Tout ceci dans le but de pouvoir rouler de la façon la plus autonome possible, d’avoir une progression relativement linéaire, de jour comme de nuit, composée uniquement de courts arrêts pour manger et dormir sous forme de micro-siestes.


La course à débuté lundi 2 mai à 5 heures du matin. Nous avons pris le départ avec une météo clémente mais accompagnés d’un vent de face sur les 350 premiers kilomètres, jusqu’au CP1 situé à Vila Viçosa.

Le départ s’est fait à un rythme assez soutenu, au-delà de mon rythme endurance. Je me fais hésitant car je sais que je ne saurais tenir ce rythme sur l’ensemble de la course. Je décide tout de même de me « lâcher », en inversant ma tendance à vouloir de toujours en « garder sous le pied ». Ce sera donc « mode race » enclenché dès le début pour essayer de creuser l’écart avec un maximum de participants, et tenter de jouer la tête de course.

Les 350 km jusqu’à Vila Viçosa CP1, se font le nez dans le vent avec de belles bourrasques. Ce qui s’avère être assez usant, mais je progresse tout de même à bon rythme. J’essuie une pluie orageuse en fin d’après-midi, avant d’atteindre le CP1. Ce qui aura pour effet de me tremper entièrement les pieds, que je retrouverais sec seulement le lendemain, en milieu de matinée.

Arrivé à Vila Viçosa, le CP1, aux alentours de 21 H 30, j’en profite pour m’arrêter manger un plat de pâtes dans un restaurant à quelques dizaines de mètres de là. C’est également l’occasion de pouvoir bénéficier de la chaleur de ce dernier, pour m’habiller pour la nuit avant de reprendre la route. À peine suis-je reparti que je m’aperçois avoir perdu mon câble de téléphone, indispensable à sa recharge. Je préviens donc l’organisation de cette déconvenue et éteint mon portable afin de conserver les 14 % de batterie qu’il me reste en cas d’urgence. Après avoir roulé 30 km je vois une dame fumer une cigarette devant chez elle. Je tente ma chance en lui expliquant ma situation et lui demande s’il est possible que je lui achète un câble d ‘iPhone si toutefois elle en dispose d’un. Elle me demande de patienter se dirige vers son véhicule et me donner un câble. Elle me dit ne pas vouloir que je lui paie. Je la remercie chaleureusement ! Il est 23 h et je peux repartir serein grâce à la gentillesse de cette dame. Des situations improbables comme seuls les Bikingman peuvent en offrir.

Ma première pause se fera à Evora, situé 60 km après Vila Viçosa, pour une micro-sieste de 20 minutes dans un abris-bus après 24 h de course.

La nuit est fraîche telle qu’Axel Carion nous l’avait annoncé. Je continue ma progression vers le CP2 et profite de la nuit pour rouler sans avoir à lutter contre le vent. La nuit nous offre un ciel étoilé avec un sentiment de plénitude toute particulière.
Je décide de réaliser une seconde micro sieste à l’ombre d’un arbre vers 9 h 20 du matin au km 537 dans la ville de Carvlhal. Cette pause m’aura permis de sécher mes chaussures et chaussettes pour repartir au sec, direction le CP2, à Sagres. J’arrive à Sagres à 19 h 40 avec un bon état de forme, malgré le peu de sommeil emmagasiné. L’arrivée à Sagres est une claque visuelle avec ses falaises de bord de mer.
Je décide de faire une petite pause pour me restaurer avant de m’engager dans une nouvelle nuit sur le vélo.

La fatigue se fait sentir et commence à m’emporter sur le vélo, à 1 h du matin, au km 789. Je me pose donc pour une nouvelle micro-sieste de 20 minutes pour recharger mes batteries. Après cette pause je repars avec une étonnante fraîcheur.

La nuit s’avère être humide et vraiment fraiche en terme de ressenti. Je m’équipe de ma doudoune avec ma capuche et mon tour de coup sous le casque. Un véritable cosmonaute…
La conjonction de la fatigue associée à la sensation de froid rend ma progression nocturne difficile mentalement. Aux environs de 6 heures du matin, la fatigue m’emporte de nouveau donnant lieu à quelques hallucinations nocturnes qui me poussent à entreprendre une nouvelle pause. Elle sera de 15 minutes.

Le soleil se lève et me redonne de l’énergie. Les kilomètres se succèdent sous un beau soleil et savoir l’arrivée se rapprocher me donne un nouvel élan de motivation. Je suis un autre participant à ma portée et me surprends à pouvoir donner du rythme en cette fin de course. Je parviens à sa hauteur au km 970 où j’entreprends de lâcher mes dernière forces pour creuser l’écart dans un dernier sprint jusqu’à l’arrivée.

J’aperçois Faro, l’arrivée est proche et je ne faiblis pas dans l’effort. J’arpente maintenant les petites rues pavées du cœur historique de la ville et débouche sur la place où se situe l’arche d’arrivée.


12 h 50, ma course prend fin. Je suis sous l’arche, accueilli par Axel et l’équipe du Bikingman !

Une belle satisfaction personnelle que celle de finir en 54 h 51, pour obtenir la 8° place dans la catégorie solo et la 10° au classement général.

Ce genre d’épreuve demande une préparation importante. C’est pourquoi, je tiens tout particulièrement à remercier mes proches, mon coach sportif Arnaud Duval de PIC DE FORME, DILECTA pour son soutien, mon coach nutrition Guillame Klein de DIET NUTRI ENERGIE, qui m’a permis de maîtriser mon alimentation ainsi que la famille FASTCLUB pour les nombreux encouragements jusqu’au bout de la nuit !  »


Et maintenant Bordeaux Paris, comment gérer l’entre deux courses ?

 » Aujourd’hui, je favorise la récupération, notamment en ce qui concerne le sommeil et l’alimentation.

J’ai tout juste repris l’entrainement avec une séance en souplesse pour retrouver progressivement les sensations sur le vélo.

La charge d’entrainement restera relativement faible lors de cet entre-deux, pour favoriser la fraicheur physique, au départ de cette nouvelle course « .



Prochain défi > Bordeaux-Paris (650 km / dénivelé 5.600 D +) > 20 & 21 mai 2022


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COMMENTS

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    Bouchet 1 semaine

    Bravo champion, belle bataille et beau top 10 ! Tu progresses à chaque course 🙂

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