Gilbert Ferri « ces 25 ans m’ont permis d’accomplir ma vocation depuis toujours, d’enseigner et transmettre »

Gilbert Ferri « ces 25 ans m’ont permis d’accomplir ma vocation depuis toujours, d’enseigner et transmettre »

Recruté en 1997 par le Vélo Club de Vaulx-en-Velin pour créer et développer l'école de cyclisme, il vient de tirer sa révérence avec la satisfaction du devoir accompli.

Votre âge et votre profession ?

 » J’ai 60 ans, je suis éducateur et entraineur enseignant cycliste, à la retraite depuis le 1° juillet !  »

Quand êtes vous entré au Vélo Club de Vaulx-en-Velin ?

 » En février 1997 par le biais de « Jeunesse et Sports » dans le cadre du lancement d’un projet de développement, un poste a été créé au sein des écoles primaires vaudaises. Et en octobre 97, le club a misé sur moi afin de créer et développer une école de cyclisme. Le club était à l’époque co-présidé par Jean-Claude Aillard et Robert Pardin, il a fallu tout créer et lancer, les budgets et le matériel manquaient. J’ai vite remarqué qu’une fidélité allait se mettre en place et allait amener un socle de plus en plus conséquent pour aboutir au développement d’une véritable école pour les 9 à 16 ans.

Derrière tout cela, il fallait que les parents puissent se retrouver dans ce nouveau projet et aussi constituer une équipe d’encadrants bénévoles. Les adultes voyaient que le projet était honorable « tu t’occupes de jeunes, rien n’est plus beau ! Au départ l’idée était l’accueil pour tous, en 4 points et sans discrimination (sportive, sociale, raciale et religieuse).

Il fallait d’autre part être titulaire du BEESAC (Brevet d’Etat d’Educateur Sportif aux Activités du Cyclisme), que j’avais décroché en 94 et qui permettait d’être éducateur et directeur sportif. Le démarrage a été timide et lent (4 enfants la première saison et moins de 10 la deuxième) pour les premières années dans une commune où le sport cycliste était à découvrir. Cela a permis de toucher un public pas encore ouvert au cyclisme et à ces jeunes de pouvoir profiter des valeurs de ce sport (goût de l’effort, développement de soi, respect des règles de sécurité routière). La ville, du départ jusqu’à aujourd’hui a été le premier partenaire du club et un soutien indéfectible. L’enfant va se développer à travers le sport et j’ai défendu cette vision de la ville, avec le sport comme vecteur du citoyen en devenir sans rayer pour autant l’accès à la compétition pour ceux qui avaient la capacité « . 

Quel a été votre rôle et votre plus grande satisfaction ?

 » Il était ambivalent avec un accueil de tout le monde et capable de faire du sport de haut niveau. J’ai plié et je n’ai jamais rompu. Et surtout ne jamais me mettre en valeur, ni en avant.

Ma satisfaction a été double : ce qui me faisait me lever le matin et m’aura motivé c’était justement de transmettre ma passion, mon savoir et aider les jeunes à se construire selon leur niveau et leurs objectifs. Mais aussi de recevoir des retours positifs sur mes missions des parents, des enseignants, des dirigeants et de la municipalité.

Ma satisfaction purement sportive aura sans conteste été le passage de l’école de cyclisme au professionnalisme de 2 coureurs encore en activité : Clément Venturini et Dorian Godon. J’ai senti qu’ils avaient des dispositions dès la catégorie minimes. D’autres ont accédé au haut niveau comme Logan Gros et Nicolas Verne.

J’ai vu passer ainsi passer 12.500 jeunes dans toutes les écoles primaires en 25 ans (soit 500 par an, en moyenne). J’ai été une brique de leur construction.

Je tire un trait sur une carrière bien accomplie. J’ai réussi à accomplir ma vocation, ces 25 ans m’ont permis de la concrétiser, car depuis toujours je voulais enseigner et transmettre. J’avais ça depuis tout jeune  » .

Des moments forts de votre carrière ?

 » Dans le cadre du développement du sport au féminin dans les quartiers j’ai eu l’idée de conduire des filles à porter ce projet de jumeler les villes de Ponte da Barca (Portugal) et de Vaulx-en-Velin. Elles ont roulé 900 kilomètres en 10 jours, j’ai entrainé et dirigé ce groupe. Dans ma 2° partie de carrière, j’ai formé plusieurs féminines qui ont eu des résultats honorables et même un  titre de championne du Rhône sur route pour Clotilde Poulenot.

En sport adapté, j’ai pu accompagner Vincent Pomorski, formé au club, toujours présent et qui participe régulièrement aux championnats de France et on a eu dans nos rangs, le champion paralympique Alexandre LLoveras qui a démarré chez nous.

Je n’ai jamais eu d’exigence mais j’ai la satisfaction d’avoir pu permettre à tous ces gens de tout simplement s’accomplir à leur mesure dans la pratique. On leur a permis de grandir, grâce à la ville de Vaulx-en-Velin et les dirigeants du club « .

Un petit mot sur l’évolution du club et du cyclisme en général ?

 » Aujourd’hui on constate à l’image des champions actuels, très précoces que le cyclisme tend vers une nouvelle forme de pratique : + jeune, + vite + fort. L’avenir donnera raison et rendra son verdict !

Le Vélo Club de Vaulx-en-Velin souhaite que cette école de cyclisme devienne le vivier de l’équipe première. Un accueil avec des jeunes qui n’ont pas forcément le profil cycliste. Un club référent et institutionnel, dont l’évolution aura permis de l’ancrer dans la paysage vaudais et lyonnais.

Je suis heureux de partir en laissant un club et une école de cyclisme, en pleine santé, structurée, avec des résultats significatifs. Ma succession est à l’étude pour un après « Gilbert » !

Sur un plan personnel et sportif, quel parcours et quelle carrière ?

 » Je suis sportif dans l’âme et le cyclisme est une passion. J’ai fait de la compétition (route et cyclo-cross) sans résultats notables durant 10 ans sous les couleurs de l’EC Duquesne-Oullins. Mon frère Gérard qui pratique intensément, m’a donné le goût pour le vélo sous forme de compétition.  »

Quel est votre coureur préféré ?

 » De tous les coureurs que j’ai pu voir, c’est Bernard Hinault que j’ai vraiment admiré ! J’avais des photos de lui quand j’étais gamin et à l’époque c’était le champion français par excellence. On n’était pas un pays, une France cycliste qui gagne !  »

Et maintenant quel est votre programme ?

 » Je savais qu’il y aurait une part de nostalgie, on ne quitte pas un club de coeur froidement ! Mais il faut savoir s’arrêter au bon moment et laisser sa place, j’ai fait 43 ans non-stop, aucune absence dans mon métier. Les liens tissés avec ces jeunes, les parents, les dirigeants me rendront toujours disponible pour le moindre conseil.

Ma nouvelle orientation est déjà fixée, continuer à poursuivre ma passion pour le sport, notamment le vélo et surtout me tourner vers mes proches ! « 


Patrick Testud, président depuis novembre 2021 du club vaudais : «  J’ai connu Gilbert il y a une quinzaine d’années avec le Comité du Rhône pour une formation sur piste avec des enfants de Vaulx. C’est un homme à connaitre et il y a entre nous une belle complicité et une amitié. On était complémentaire dans l’écoute des enfants et on faisait une équipe au service de l’école de cyclisme. Une équipe de 6 encadrants qu’il faut à présent reconstituer « .



 

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