Sébastien Baron  » j’avoue que le choix de Millau était une évidence car c’est la référence sur 100 km « 

Sébastien Baron  » j’avoue que le choix de Millau était une évidence car c’est la référence sur 100 km « 

Le marathonien caladois pour sa première sur la distance a participé à la 50° édition de cette mythique épreuve, le dimanche 24 septembre.

Présentation : depuis quand pratiquez-vous et quelles grandes courses avez-vous déjà couru ?

 » J’ai réalisé mon premier marathon en 2002 à la Plaine de l’Ain puis au Run In Lyon mais j’ai réellement commencé à pratiquer la course à pied en 2009 lorsque je suis arrivé dans la région caladoise près de Villefranche sur Saône.

J’ai participé à 10 marathons (Paris, Lyon, Annecy, Rotterdam et Beaujolais) avec un record de 2 h 38’28″ établi en 2022 à Annecy, en battant de 2 secondes mon record de Rotterdam 4 ans plus tôt !

Sur marathon, mon plus grand souvenir est ma 2° place au marathon du Beaujolais 2017 derrière mon ami Pierre Barbet et entouré de toute la famille des Beaujolais Runners !!

Enfin, j’ai participé aux 2 éditions du Raid Napoléon 2016 et 2017 sous les couleurs de mon club des Beaujolais Runners. Ces 2 compétitions en relais sur une semaine ont marqué ma vie de coureur car l’ambiance si particulière nous a permis de vivre de magnifiques émotions et de créer des liens très forts entre coureurs !!  »


Pourquoi avoir choisi cette course ?

 » L’idée de me tester sur la distance officielle supérieure au marathon me tentait depuis quelques années et comme le temps passe vite, j’ai décidé de me lancer sur le défi en 2022 !

Et j’avoue que le choix de Millau était une évidence car c’est LA REFERENCE sur 100 km !

Donc quitte à tenter l’aventure du 100 km autant le faire dans le temple de la distance et qui plus est l’année des 50 ans de la course !!  »

Comment et depuis quand avez-vous préparé cette épreuve (courses et entrainement) ?

 » Pour préparer le 100 km de Millau qui s’est déroulé le 24 Septembre dernier, j’ai réalisé une saison en 3 temps : Janvier-Février = SAISON DE CROSS / Mars – Avril = MARATHON D’ANNECY / Mai –Septembre = PREPA 100 km !

Tout s’est bien passé sur la préparation avec le chrono du marathon d’Annecy, puis un bon début de prépa 100 km avec notamment des grosses sorties longues en juillet (50 km et 1.000 D+ au max), mais une déchirure au mollet gauche, en rentrant de belles vacances sur l’Ile de la Réunion (avec des magnifiques randos dans les cirques sur les chemins du Grand Raid !), m’a empêché de courir pendant 3-4 semaines de mi-août à mi-septembre » .

Donc sur la ligne de départ du 100 km de Millau, j’avoue que je partais dans une réelle inconnue sur cette nouvelle distance de type « ultra » et avec une fin de préparation ratée, mais avec certainement une force mentale décuplée par le bonheur de pouvoir être au départ ce qui n’était pas gagné 1 mois avant !!  »

Quel était votre objectif au départ (temps défini ou simplement terminer ?)

 » Sans fausse humilité, mon premier objectif était de finir et de le faire « proprement » c’est-à-dire en prenant du plaisir !

Maintenant, pour être tout à fait sincère, j’avais en tête de passer sous les 9 h en me rapprochant le maximum possible des 8 h !  »

Dans quel état mental et physique avez-vous pris le départ ?

 » Manque de volume d’entrainement sur les 6 dernières semaines donc plutôt frais mais avec la crainte d’être juste sur la longueur de la course. Au niveau mental, je me présente « gonflé à bloc » en pensant à tous les copains qui auraient voulu être au départ !  »

Comment s’est passé cette course ?

 » Après un départ en retenue sur l’allure prévue de 4’40/km je me suis retrouvé dans un petit groupe avec une ambiance très détendue. J’écoute avec attention tous les échanges entre des coureurs déjà aguerris à la distance et avec des belles références ! C’est le moment où tu hésites entre rester ou accélérer, entre parler ou rester concentré, entre s’alimenter tout de suite ou attendre un peu, …
Bref le stress d’un début de course où tu pars dans l’inconnu !

Très vite je me retrouve sur la même allure qu’un certain Frédéric Graves, qui me raconte ses expériences sur la distance en me rassurant et en me prodiguant pleins de bons conseils. Parfait pour me détendre et me rassurer ! Au 6° km une haie d’honneur des 2.000 vélos suiveurs postés pour attendre leurs coureurs mettent une magnifique ambiance.

Quel bonheur de vivre de telles émotions et de retrouver ma femme Valérie prête pour une belle aventure de 100 km en amoureux !!
Jusqu’au semi-marathon on court en groupe, on tape dans les mains, on admire les belles Gorges du Tarn … Tout va très bien !!
Ensuite, jusqu’au marathon, les positions se dessinent et nous reprenons quelques marathoniens partis un peu vite. Les jambes sont bonnes et je reste à l’aise sur mon rythme pour passer au marathon à Millau en 3 h 18, proche du chrono prévu.

Je profite de cette première moitié de course pour m’alimenter énormément par rapport à un marathon grâce à ma super accompagnatrice à vélo ! Tout au long de la course nos couleurs violettes des Beaujolais Runners se font remarquées et nous permettent d’avoir toujours un gentil message de soutien que nous rendons avec grand plaisir !

A la sortie de Millau l’ambiance devient plus calme et le nombre de coureurs autour de nous réduit comme peau de chagrin, on se dit que les choses sérieuses commencent !!

On découvre le magnifique viaduc de Millau en même temps que la première difficulté du parcours qui passe sans encombre mais arrivés en haut les premières grosses douleurs apparaissent au niveau de l’ischio gauche en remontant jusqu’à la hanche. Sur les 10 km suivants en faux plat montant, la fatigue se fait de plus en plus sentir donc on décide de mettre un peu de musique pour se détendre et je remonte un coureur dans le dur. On attaque la montée vers le toit de la course (le col Serge Cottereau) avec un mental en baisse et des douleurs de plus en plus présentes. C’est à ce moment-là que Frédéric, une centaine de mètres derrière moi depuis Millau, me rattrape et me dépasse avec une allure toujours régulière ! Valérie ressent très bien que je suis dans la difficulté et ne cesse de m’encourager ! Sans elle j’aurais marché et baissé les bras dans cette montée.

Ensuite dans la descente vers St Affrique je croise assez rapidement le 1° de la course qui remonte avec une foulée impressionnante de légèreté ! Malgré la longue pente négative je n’arrive pas à me relâcher ni à accélérer le rythme et je subis la course en pensant au trajet retour qu’il faudra remonter !

Au ravitaillement de St Affrique je décide de m’arrêter pour la 1° fois pour changer mes chaussures et retirer mes manchons que je portais en prévention d’une rechute de ma déchirure au mollet contractée 6 semaines plus tôt !

Nous sommes au 71° km, je suis 13° de la course et j’attaque le chemin retour avec un mental un peu retrouvé par cette petite pause ! On commence à croiser de plus en plus de monde dans l’autre sens et on échange un geste, une parole avec chacun des groupes de coureurs… C’est à ce moment-là que tu comprends pourquoi Millau est un tel monument de la course à pied !

J’arrive au 78° km au sommet de la grosse bosse, à l’endroit où je m’étais dit que ce serait gagné car il ne resterait qu’un semi au profil plutôt descendant. Mais je n’ai plus du tout d’énergie dans le moteur !! Je ressens des douleurs articulaires (aux genoux et aux hanches) jamais connues dans mes précédentes courses !!

Je ne regarde plus mon chrono, je n’arrive plus à relancer. Valérie continue à encourager les coureurs dans le sens inverse et je profite de ces échanges pour capter de l’énergie de tous les adorables messages de félicitations. J’ai honte de ne pas pouvoir leur répondre plus que par un geste ou un pouce levé !

On arrive au pied de la dernière difficulté sous le viaduc et je vois le 12° de la course devant moi. Je serre les dents sur la montée et on attaque les 8 derniers km descendants jusqu’à Millau.
Je regarde Valérie en souriant, en la remerciant et en commençant à réaliser qu’on va le faire ensemble !! Les émotions montent et on a du mal à réaliser !!

Je lui propose de prendre un peu d’avance à vélo pour qu’elle ait le temps de le déposer et qu’on puisse profiter d’une fin de course tous les 2 dans le parc de la Victoire car oui c’est une victoire à 2 !!

Au panneau des 99 km, j’entends des applaudissements très proches de moi derrière et je découvre qu’un concurrent est en train de me rattraper donc je relance dans un dernier effort pour conserver cette belle 12° place en 8 heures 41 ! « 


La météo a-t-elle été idéale pour vous ?

 » Après avoir longtemps imaginé passer les 100 km de Millau sous la pluie tant la météo annoncée était humide, nous avons la chance de nous réveiller avec un sol mouillé par la pluie de la nuit mais avec un ciel assez clair !

La température était de 10° au départ à 10 h et nous n’avons pas eu de pluie de la journée mais un mélange de neige et d’éclaircies… Bref les conditions parfaites pour ce type de distance !! « 

Comment vous sentez vous à présent, satisfaction ou déception ?

 » Quelques jours après je suis hyper content d’avoir pu vivre et surtout profiter du monument qu’est ce 100 km de Millau.
Si je ne regarde que le chrono j’espère faire mieux (entre 8 h 15 et 8 h 30) mais clairement la blessure au mollet ne m’a pas permis de faire une partie du volume d’entraînement prévu !

Maintenant je remercie mon kiné car ce n’était pas gagné d’être au départ et de pouvoir passer le mythe sans douleur !!

Ce qui a rendu cette course magnifique c’est clairement le partage avec ma femme en vélo ! Pour moi on l’a fait ensemble et avec le soutien de tous les amis à distance ! DU PUR BONHEUR !  »


Et maintenant au programme, récupération et ensuite ?

 » Maintenant place à la récupération avec 1 bonne semaine de coupure de course puis 15 jours de reprise en douceur. C’est là qu’il faudra être attentif aux signaux du corps et faire un peu l’inventaire des bobos même si tout va bien en apparence !  »

Dans votre agenda sportif d’ici la fin de l’année 2022 ?

 » Pour être très honnête je n’ai rien prévu en 2022 pour le moment car je veux prendre le temps de la régénération après une telle épreuve.

C’est mon corps qui me dira si je remets un dossard en 2022 …!! Je vais me préparer tranquillement pour la saison de cross qui attaquera début janvier avec mon club des Beaujolais Runners !  »


Et pour conclure, des anecdotes sur la course ?

 » Pour mettre le ravitaillement sur mon vélo suiveur j’ai bricolé une caisse de vin en bois pour la fixer sur le porte-bagage … c’est normal quand on est des Beaujolais Runners  ! En tout cas on a fait fureur, mais accessoirement c’était hyper pratique et la taille idéale !

J’aurais pu revendre très cher mon dossard sur le parcours retour de St Affrique à Millau car pas mal de coureurs dans le sens inverse m’ont proposé d’échanger nos dossards !   »

 

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